





Oasis de Dakhla et de Kharga
Les oasis de Kharga et de Dakhla, dans le désert Occidental, jalonnent la route qui relie Le Caire à Louxor par les oasis. Kharga réunit le temple d'Hibis, la nécropole d'el-Bagawat et une chaîne de forteresses romaines ; Dakhla, des villages de terre crue comme al-Qasr. Pour les voyageurs curieux d'archéologie et de routes peu fréquentées, de novembre à mars.
La frontière du désert
Kharga occupe une dépression d'environ 180 km du nord au sud, à quelque 200 km à l'ouest du Nil ; c'est la plus grande des oasis du désert Occidental. Elle doit son histoire à sa position de carrefour. La piste du Darb el-Arbaïn, la « route des Quarante Jours », y faisait passer l'or et l'ivoire d'Afrique ; jusqu'au XIXe siècle, elle reliait l'Égypte au sultanat du Darfour, dans l'actuel Soudan.
Chaque époque a laissé sa trace :
- Les Perses ont bâti le premier noyau du temple d'Hibis, agrandi ensuite par les Ptolémées et les Romains, et introduit des aqueducs souterrains qui amenaient l'eau par gravité jusqu'aux cultures.
- Les Romains ont repris ce système et fortifié l'oasis à la fin du IIIe siècle et au début du IVe : une chaîne de forts et de villages fortifiés, qui marquait la limite sud de l'empire et contrôlait les caravanes. Oum el-Dabadib et Aïn el-Lebekha, au nord, sont parmi les mieux conservés.
- Les premiers chrétiens ont laissé la grande nécropole d'el-Bagawat, du Ve siècle, et des églises bâties dans les forts.
Kharga et les petites oasis du sud figurent depuis 2015 sur la liste indicative de l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture ; liste des sites qu'un État envisage de proposer au patrimoine mondial), pour leurs vestiges comme pour leurs paysages.
Kharga, les monuments
La ville de Kharga est moderne ; les sites sont au nord, à quelques kilomètres, et au sud, vers Baris.
- Le temple d'Hibis, à 2 km au nord de la ville, consacré à Amon, restauré et rouvert au public. Une allée de sphinx mène à la salle hypostyle ; le sanctuaire porte près de 700 figures de dieux et de rois.
- La nécropole d'el-Bagawat, l'un des plus anciens cimetières chrétiens d'Égypte : 263 chapelles funéraires en brique crue, coiffées de coupoles. Les chapelles de l'Exode et de la Paix gardent leurs peintures.
- Le pigeonnier d'Aïn el-Dabashiya, une tour carrée restaurée et ouverte au public, au milieu d'anciennes cultures.
- Les forts d'Oum el-Dabadib et d'Aïn el-Lebekha, plus loin dans le désert : il faut un guide et un véhicule tout-terrain.
- Au sud, le temple de Douch, édifice romain du Ier siècle consacré à Isis et Sérapis, près de Baris ; l'office de tourisme conseille d'y venir au coucher du soleil pour la vue. Des bijoux en or trouvés à proximité en 1989 sont au musée égyptien du Caire. En chemin, le village d'architecture en terre conçu par l'architecte Hassan Fathy, commencé dans les années 1960, est resté inachevé.
Dakhla, les villages
Dakhla s'étire sur environ 80 km d'est en ouest, en une suite de villages et de palmeraies le long de la route. Mout est la ville principale ; l'intérêt est dans les vieux bourgs.
- Al-Qasr, ancienne capitale médiévale de l'oasis : un vieux bourg de ruelles étroites, où une forteresse islamique a été bâtie sur un fort romain. Le minaret de la mosquée Nasr el-Din, en brique crue, s'élève à 21 mètres. Une ancienne madrasa, une maison ottomane transformée en petit musée et l'entrée sculptée de la salle du conseil complètent la visite.
- Qarat el-Muzawwaqa, des centaines de tombes gréco-romaines creusées dans la falaise ; celles de Petosiris et de Petubastis sont peintes de dieux funéraires et de zodiaques.
- Deir el-Hagar, un temple romain en grès consacré à Amon-Rê, Mout et Khonsou, aux reliefs soignés.
- Balat, autre bourg ancien, et tout près, les mastabas d'Aïn Asil, tombes de l'Ancien Empire.
Pour dormir, l'Al Tarfa Desert Lodge, ouvert en 2008 en architecture de terre traditionnelle, est une adresse confortable : une vingtaine de chambres, une piscine et un restaurant. Le lac au nord de Mout est pollué ; on ne s'y baigne pas. Les sources chaudes, comme la Magic Spring près d'Ed-Douhous, se prêtent au bain.
Y aller et combien de temps
Il n'y a pas de vol régulier vers Kharga ni vers Dakhla : on vient par la route, de trois façons.
- Depuis Louxor, par la route directe jusqu'à Baris, au sud de Kharga. C'est l'accès le plus pratique pour un voyage qui commence dans la vallée du Nil, en voiture avec chauffeur ; aucun transport public n'emprunte cette route.
- Depuis Assiout, sur la ligne Le Caire-Louxor : un bus quotidien part vers 8 h (heure locale), 3 à 4 heures jusqu'à Kharga, puis autant jusqu'à Dakhla.
- Par le nord, en suivant la boucle des oasis depuis Le Caire : Bahariya, le désert Blanc, Farafra, puis environ 300 km de Farafra à Dakhla, et 200 km de Dakhla à Kharga.
Sabaro conseille quatre jours au moins pour les deux oasis : deux nuits à Kharga, deux à Dakhla. Pour la boucle complète du Caire à Louxor, comptez une semaine, chaque étape faite de jour.
Hors des villes, le téléphone ne passe plus au-delà de quelques kilomètres. Les restaurants de Kharga ouvrent surtout le soir, vers 19 h (heure locale).
Sécurité
La route des oasis est ouverte au tourisme ; le désert qui l'entoure, beaucoup moins. Les ministères des Affaires étrangères ne donnent pas tous la même consigne pour les villes, les routes et le désert alentour : celle de votre pays figure dans le tableau « Conseils aux voyageurs » de cette page. Une agence ou un guide reconnu est fortement recommandé.
Deux règles en découlent. On reste sur les routes et les pistes connues : le risque de mines est élevé dans les zones désertiques. Et on roule de jour : la circulation de nuit hors des villes est à proscrire.
À voir
- Temple d'Hibis (Kharga) — noyau d'époque perse, agrandi par les Ptolémées et les Romains ; restauré et rouvert au public UNESCO, liste indicative (Kharga Oasis and the Small Southern Oases)
- Nécropole chrétienne d'el-Bagawat (Kharga) — vaste cimetière du Ve siècle UNESCO, liste indicative (Kharga Oasis and the Small Southern Oases)
- Temple de Douch (sud de Kharga) — édifice romain du Ier siècle experienceegypt.eg (office de tourisme)
- Forteresses romaines d'Oum el-Dabadib et d'Aïn el-Lebekha — forts entourés d'habitats, sur les pistes caravanières du nord de l'oasis experienceegypt.eg (office de tourisme)
- Al-Qasr (Dakhla) — ancienne capitale médiévale de l'oasis ; minaret en brique crue de 21 m de la mosquée Nasr el-Din experienceegypt.eg (office de tourisme)
- Sources chaudes de Kharga experienceegypt.eg (office de tourisme)
Accès
- Par la route depuis Assiout (vallée du Nil) : bus quotidien, 3 à 4 h jusqu'à Kharga, puis 3 à 4 h jusqu'à Dakhla Wikivoyage (Kharga Oasis)
- Route directe depuis Louxor jusqu'à Baris, au sud de l'oasis de Kharga Wikivoyage (Kharga Oasis)
- Les aéroports de Kharga et de Dakhla n'ont pas de vol régulier Wikivoyage (Dakhla Oasis)
En avion
| Aéroport | Par la route | Vols directs |
|---|---|---|
| Assiout (ATZ) | 214 km, 2 h 36 |
À lire aussi
Conseils aux voyageurs
| Pays | Consigne officielle | Source |
|---|---|---|
| France | Kharga et Dakhla (Mout) en vigilance renforcée (jaune) sur la carte, le long de la route des oasis ; le désert autour est déconseillé sauf raison impérative (orange). Emprunter les axes sécurisés, ne pas circuler de nuit hors des villes ; recours à une agence ou un guide reconnu fortement recommandé | diplomatie.gouv.fr (Dernière mise à jour du site 21 septembre 2026) |
| Royaume-Uni | Villes oasis de Dakhla (Mout) et de Kharga, routes Farafra-Dakhla-Kharga, Kharga-Baris et Baris-Louxor exclues des zones déconseillées ; le reste du désert Occidental est déconseillé sauf nécessité | GOV.UK (Dernière mise à jour du site 4 août 2026) |
| Pays-Bas | Orange : l'ouest de l'Égypte, ville de Siwa exceptée, est réservé aux voyages nécessaires ; El-Kharga figure en zone orange sur la carte ; conflits entre bandes criminelles et armée dans le désert à l'ouest du Nil, attaques à main armée | Nederland Wereldwijd (Dernière mise à jour du site 19 juin 2026) |
| Belgique | Non relevé par Sabaro : voir diplomatie.belgium.be | |
| Suisse | Non relevé par Sabaro : voir DFAE (eda.admin.ch) | |
| Luxembourg | Non relevé par Sabaro : voir mae.gouvernement.lu | |
| Irlande | Non relevé par Sabaro : voir ireland.ie (DFA) | |
| Allemagne | Non relevé par Sabaro : voir Auswärtiges Amt | |
| Suède | Non relevé par Sabaro : voir Regeringen (UD) | |
| Danemark | Non relevé par Sabaro : voir Udenrigsministeriet (um.dk) | |
| Norvège | Non relevé par Sabaro : voir Regjeringen | |
| Pologne | Non relevé par Sabaro : voir Odyseusz (MSZ) | |
| Tchéquie | Non relevé par Sabaro : voir MZV ČR | |
| Autriche | Non relevé par Sabaro : voir BMEIA | |
| Italie | Non relevé par Sabaro : voir Viaggiare Sicuri | |
| Espagne | Non relevé par Sabaro : voir exteriores.gob.es | |
| Portugal | Non relevé par Sabaro : voir Portal das Comunidades | |
| Finlande | Non relevé par Sabaro : voir Ulkoministeriö (um.fi) | |
Les règles changent : vérifiez toujours sur le site officiel avant de partir.
Questions fréquentes
Comment rejoindre les oasis ?
Par la route : depuis Louxor jusqu'à Baris, au sud de Kharga ; depuis Assiout en bus, 3 à 4 heures jusqu'à Kharga puis autant jusqu'à Dakhla ; ou par la boucle des oasis depuis Le Caire. Les aéroports de Kharga et de Dakhla n'ont pas de vol régulier.
La zone est-elle déconseillée ?
Les villes et la route des oasis sont ouvertes au tourisme ; le désert alentour l'est beaucoup moins. La consigne de votre ministère figure dans le tableau « Conseils aux voyageurs » de cette page.
Que voir à Kharga ?
Le temple d'Hibis, d'époque perse, la nécropole chrétienne d'el-Bagawat, du Ve siècle, et au sud le temple romain de Douch. Les forts romains du nord demandent un guide et un véhicule tout-terrain.
Combien de jours prévoir ?
Quatre jours au moins pour Kharga et Dakhla, une semaine pour la boucle complète du Caire à Louxor par les oasis.
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