# Al Moudira

Un hôtel de 54 suites et six villas à piscine sur la rive ouest de Louxor, bâti autour de dix cours et meublé d'antiquités du Moyen-Orient, avec sa ferme et sa bibliothèque. Pour les couples et les familles qui veulent dormir au calme, côté nécropoles, dans une maison au décor foisonnant.

Source : https://sabaro-travel.com/fr/hotels/al-moudira/

## Une maison faite de fragments sauvés

Al Moudira ouvre en 2001 au bord du désert, sur la rive ouest de Louxor. Sa fondatrice, l'hôtelière libanaise Zeina Aboukheir, découvre Louxor en felouque (voilier traditionnel du Nil) et décide d'y bâtir une maison, mi-palais, mi-pension, sur deux hectares. L'ouverture lui vaut le surnom affectueux de « Moudira », « la patronne » en arabe, qui est devenu le nom de l'hôtel. Elle a vécu vingt-deux ans dans la villa qui porte aujourd'hui son prénom.

L'architecte est l'Égyptien Olivier Sednaoui, formé à Londres. Avec des maîtres maçons de la région, il dessine un ensemble de coupoles, d'arcs et de cours qui reprend l'architecture traditionnelle du Moyen-Orient et des techniques de construction durables. L'hôtel s'organise en alvéoles autour de dix cours, avec des fontaines et beaucoup de verdure, au milieu de dix hectares de palmeraies et de jardins.

Le décor vient en grande partie de récupération. Zeina Aboukheir a parcouru le Moyen-Orient pour réunir des portes en bois travaillées à la main, des carreaux de sol peints, des vitraux d'Alexandrie et de la terre cuite locale, souvent sauvés de bâtiments anciens voués à disparaître. Le projet revendique l'atmosphère d'Alexandrie, du Caire, de Beyrouth et de Damas au temps de leur splendeur. Une villa du domaine, Beit Al Fananeen, la « maison des artistes », a accueilli des peintres du monde entier, dont ceux des fresques de l'hôtel.

Depuis, la maison a changé de propriétaire. Le nouveau a racheté des terres voisines, construit de nouvelles villas et créé une ferme ; plus de 1 500 antiquités et pièces artisanales ont été réunies pour cet agrandissement, avec la fondatrice. L'architecte paysagiste suisse Tobias Bucher, installé à Florence, a dessiné les jardins de l'extension, la tour de la bibliothèque et certaines piscines. En 2023, Al Moudira est devenu le premier hôtel d'Égypte membre de Relais & Châteaux (association internationale d'hôtels et de restaurants indépendants). L'hôtel emploie environ 160 personnes, dont beaucoup viennent des villages voisins.

## Une table qui sort de la ferme

La ferme d'Al Moudira, lancée en 2022, s'étend sur quinze hectares contigus à l'hôtel, face à la Vallée des Rois. Un ingénieur agronome la dirige avec une centaine de villageois, qui entretiennent aussi les jardins. Selon la saison, jusqu'à 80 % des produits servis dans les restaurants principaux en viennent : lait pour les fromages et les glaces, blé pour le pain, légumes, volailles et une bonne part de la viande ; l'hôtel vise une autonomie complète en 2027. Au petit-déjeuner, yaourt, fromage et ricotta sont faits avec le lait des bufflonnes du domaine. L'hibiscus de la ferme sert à la boisson d'accueil et aux teintures naturelles de Malaika, la maison qui fournit le linge de lit.

Les repas changent de cadre au fil de la journée. Le petit-déjeuner et le déjeuner se prennent dans la cour ombragée qui jouxte la réception et le bar. À midi, la palmeraie de la piscine accueille Il Forno et ses pizzas au feu de bois. Le soir, la salle ottomane, inspirée des salles de réception des palais ottomans, sert une cuisine qui mêle Méditerranée, Asie, Amérique du Sud et Moyen-Orient. Khan Al Moudira, ouvert récemment, est le restaurant égyptien de la maison, meublé avec des pièces des cafés cairotes d'autrefois, face à une cour dont la fontaine ottomane est taillée dans un seul bloc de marbre. La Farm Kitchen, face à la ferme, sert les produits du domaine, sous une grande tente ou à l'intérieur. Shahrazade, salon rouge inspiré du Caire des années 1930, se réserve pour les dîners privés.

## Suites, villas et bibliothèque

Les 54 suites ont toutes de hauts plafonds en coupole, des fresques peintes à la main, des meubles anciens et du linge de coton égyptien. Aucune ne ressemble à sa voisine. Pour un couple, les Deluxe et Junior Suites suffisent largement ; les Signature Suites ajoutent demi-coupoles et plafond en verre coloré, et les deux Fountain Suites, avec leur fontaine au milieu de la pièce, sont les plus singulières. Les familles prennent une Family Suite, deux chambres communicantes avec chacune sa salle de bains.

Pour un groupe d'amis ou plusieurs générations, le domaine compte six villas, chacune avec sa cour et sa piscine privée, et un majordome sur demande. Villa Zeina, l'ancienne maison de la fondatrice, et Villa Nubia, construite sur son modèle, ont cinq chambres chacune. Villa Casbah a cinq chambres indépendantes ouvertes sur la piscine. L'Owner's Loft et le Louxor Loft, la plus récente, se divisent en appartements plus petits. Hors du domaine, la même maison loue Beit el Nil, une villa de douze chambres dont le jardin descend jusqu'au Nil, au décor plus sobre.

Al Moudira se présente comme un hôtel-bibliothèque : plus de 7 000 livres sur l'archéologie, l'histoire, l'art et la politique de l'Égypte et du Moyen-Orient, dont la première édition des guides Baedeker de la région, et les romans de Naguib Mahfouz, répartis dans deux villas. C'est une bonne raison de rentrer de la Vallée des Rois à midi.

## Rive ouest, mode d'emploi

L'hôtel est à environ 18 km de route du centre de Louxor, sur l'autre rive. Une navette gratuite fait l'aller-retour vers la ville deux fois par jour ; on peut aussi traverser par le pont ou prendre le bac. Le transfert depuis l'aéroport dure environ 30 minutes. Le parc automobile de l'hôtel compte onze véhicules, dont une Mercedes allongée de 1967-1968, deux Land Rover Defender des années 1980 et une Karmann Ghia de 1960, pour les transferts, les visites ou une sortie dans le désert.

Sur place, l'hôtel organise montgolfière, felouque au coucher du soleil, lever du soleil à Karnak et visites d'artisans. Le hammam sous coupoles, carrelé à la main avec des vasques anciennes, se complète d'un sauna, d'un bain de vapeur et de massages donnés par des thérapeutes du Kerala ; un yogi indien donne des cours en plein air.

## L'avis de Sabaro

**Pour qui** : couples qui cherchent le calme et un décor qui ne ressemble à aucun autre ; familles et groupes d'amis qui veulent une villa à eux avec les services d'un hôtel ; voyageurs qui passent plusieurs jours sur la rive ouest.

**Points forts** : l'architecture de Sednaoui et les antiquités réunies par la fondatrice ; la table nourrie par la ferme ; la bibliothèque ; la proximité des nécropoles, qu'on rejoint dès l'ouverture.

**À savoir** : la rive est, avec Karnak, le temple de Louxor et la ville, demande une traversée à chaque sortie ; le décor est chargé, et ceux qui préfèrent la sobriété regarderont Beit el Nil ; les piscines de villa sont parfois ouvertes aux autres clients.

## Questions fréquentes

### L'hôtel convient-il aux familles ?

Oui : les suites familiales de 100 m² ont une chambre double et une chambre à deux lits communicante, chacune avec sa salle de bains ; la piscine principale a une partie peu profonde pour les enfants. Les villas de cinq chambres conviennent aux familles nombreuses.

### Comment rejoindre la rive est depuis l'hôtel ?

L'hôtel assure une navette gratuite vers Louxor deux fois par jour. On peut aussi traverser le pont en voiture, avec un chauffeur de l'hôtel, ou prendre l'un des bacs qui relient les deux rives.

### Les villas ont-elles une piscine ?

Oui, chacune des six villas du domaine a sa cour et sa piscine privée, en plus de la piscine principale, assez grande pour nager des longueurs.

### Peut-on faire une croisière sur le Nil avec l'hôtel ?

Oui : la dahabieh (bateau à voile traditionnel du Nil) Set Nefru, longue de 37 m, l'un des rares bateaux du début du XXe siècle encore en service sur le Nil, a été restaurée ; elle compte cinq cabines, navigue avec son équipage et se loue en privé pour des croisières courtes ou longues.
