# Oasis de Siwa

Siwa, oasis amazighe du désert Occidental à environ 300 km au sud-ouest de Marsa Matrouh, réunit sources, lacs salés, temples antiques et dunes de la Grande Mer de sable. Pour les voyageurs prêts à une longue route en échange de trois ou quatre jours à l'écart, de novembre à mars.

Source : https://sabaro-travel.com/fr/egypte/oasis-de-siwa/

## Une oasis à part

Siwa est la plus isolée des cinq oasis du désert Occidental. Elle occupe une dépression d'environ 80 km sur 20, au niveau de la mer ou quelques mètres en dessous, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière libyenne. Toute son eau vient d'une nappe fossile, une eau tombée il y a des dizaines de milliers d'années et qui ne se renouvelle pas. La plus grande partie est salée : d'où les grands lacs amers qui entourent la ville et attirent les oiseaux migrateurs.

Ses habitants sont amazighs (berbères). Leur langue maternelle est le siwi, une langue berbère ; ils parlent aussi l'arabe égyptien. Cette culture, transmise par le récit et les fêtes, distingue Siwa des autres oasis égyptiennes. L'office de tourisme égyptien la décrit comme une oasis « urbaine » : une seule vraie ville, entourée de palmeraies, d'oliveraies et de quelques villages.

## Y aller par la côte

On rejoint Siwa par la route. Le trajet de référence longe la Méditerranée jusqu'à Marsa Matrouh, puis descend vers le sud-ouest sur environ 300 km de route goudronnée, à travers un désert sans station-service, avec un café à mi-chemin. Comptez environ 4 heures depuis Marsa Matrouh, et une longue journée depuis Le Caire ou Alexandrie.

La route qui relie Siwa à l'oasis de Bahariya est fermée par l'armée. Un voyage qui associe Siwa au désert Blanc fait donc un détour par Le Caire et la côte : c'est le choix de l'idée de voyage Sabaro de neuf jours, qui place Gizeh et Alexandrie entre les deux. La consigne de votre ministère pour la ville et ses routes figure dans le tableau « Conseils aux voyageurs » de cette page.

Sabaro conseille de partir tôt et de faire l'étape de jour : rouler de nuit hors des villes et des sites touristiques est à proscrire. Sur la route, attendez-vous à des barrages de police ; gardez le passeport à portée de main.

## Trois nuits au moins

La route est longue ; trois nuits sur place sont un minimum pour qu'elle en vaille la peine. Un déroulé possible :

- **La ville et la forteresse de Shali.** Le vieux bourg fortifié, vieux d'environ huit siècles, est bâti en kershef, un mélange d'argile salée et de pierre qui durcit en séchant et isole de la chaleur. Il est resté le cœur de Siwa jusqu'aux années 1920. Sa restauration, financée pour l'essentiel par l'Union européenne (environ 600 000 euros), a été inaugurée fin 2020 avec celle de la mosquée d'Aghurmi, que le ministère du Tourisme et des Antiquités présente comme la plus ancienne mosquée en terre crue d'Afrique.
- **Le temple de l'Oracle d'Amon, à Aghurmi.** C'est le grand site antique de l'oasis. En 331 avant notre ère, Alexandre le Grand vint y consulter l'oracle d'Amon, et en tira la légitimité de son pouvoir sur l'Égypte. Non loin, le temple d'Oum Oubeida n'a plus qu'un mur debout : un gouverneur ottoman le fit sauter en 1897 pour en réemployer les pierres.
- **Le Gebel al-Mawta, la « montagne des morts ».** Une colline percée de tombes taillées dans le calcaire, surtout d'époques ptolémaïque et romaine ; la tombe de Si-Amon garde des reliefs peints. La photographie est interdite dans les tombes principales.
- **Les sources et les lacs.** Le bain de Cléopâtre, bassin naturel alimenté par une source tiède, est le lieu de baignade le plus fréquenté. Sur les lacs salés, on flotte sans effort. En fin de journée, l'île de Fatnas, aujourd'hui rattachée à la rive, est le point de vue habituel sur le coucher du soleil.
- **La Grande Mer de sable.** Une demi-journée ou une nuit en 4x4 (véhicule tout-terrain à quatre roues motrices) dans les dunes, jusqu'à Bir Wahed, une source chaude au milieu du sable, à côté d'un lac d'eau froide. Ces sorties demandent un permis, que le guide local obtient sur copie du passeport.

## Où dormir

Le lieu de séjour dépend du rapport que l'on veut avec la ville :

- **L'Adrère Amellal**, au pied du djebel du même nom, est l'adresse la plus singulière : un écolodge en terre crue sans électricité, éclairé à la bougie, en pension complète, boissons et deux excursions par jour comprises. C'est la base de l'idée de voyage Sabaro.
- **Le Taziry Ecolodge**, à 16 km à l'ouest du centre, au pied de la montagne Rouge, suit la même logique : matériaux naturels, chambres sans électricité, randonnées à cheval et sorties en 4x4.
- **En ville**, des maisons d'hôtes en kershef, comme le Shali Lodge, permettent d'aller à pied au marché et à la forteresse.

Dans les deux écolodges, les chambres n'ont ni climatisation ni prise pour recharger un téléphone : c'est le prix du silence et du ciel étoilé.

## Les usages de l'oasis

Siwa est une société conservatrice. L'alcool ne se consomme pas en public, les démonstrations d'affection non plus, et une tenue couvrant les épaules et les jambes est de mise. Les voyageurs masculins évitent d'aborder les femmes de l'oasis. On se déplace à vélo, en carriole tirée par un âne, ou en voiture avec chauffeur ; le prix d'une course en carriole se fixe avant de partir.

À rapporter : les dattes, réputées les meilleures d'Égypte, l'huile d'olive, les paniers en palme et les broderies siwies, rouges, orange, vertes et noires, rehaussées de perles et de coquillages.

## Saisons et fête de la Siyaha

La bonne saison va de novembre à mars : journées douces, nuits froides, qui descendent vers 5 °C en hiver. De juin à août, la maximale moyenne approche 39 °C ; l'Adrère Amellal limite alors son occupation à dix chambres.

En octobre, à la pleine lune, les habitants se réunissent trois jours au pied du djebel Dakrour pour la Siyaha, fête de la réconciliation et de la récolte des dattes. C'est une fête communautaire, sans billetterie ; les jours exacts se décident sur place, peu avant.

## Les limites du désert

Au sud de Siwa, une zone interdite aux civils et aux véhicules est en place depuis 2014 ; elle se respecte strictement, sous peine d'arrestation. Les abords de la frontière libyenne sont aussi déconseillés. Les excursions vers l'ouest et le sud de l'oasis se font donc avec un guide local qui connaît ces limites.

## Ce qui se combine avec Siwa

- **Alexandrie et El Alamein**, sur la route de la côte : la ville d'Alexandre, puis le musée et le cimetière de la Seconde Guerre mondiale.
- **Le désert Blanc et Bahariya**, par Le Caire : l'autre grand paysage du désert Occidental, avec une nuit sous la tente.
- **Le Caire et Gizeh**, en début ou en fin de voyage.

## Questions fréquentes

### Comment aller à Siwa ?

Par la route, en passant par la côte : environ 4 heures depuis Marsa Matrouh, une longue journée depuis Le Caire ou Alexandrie. La route directe depuis Bahariya est fermée.

### Combien de nuits prévoir ?

Trois nuits au moins : une journée pour la ville, Shali et l'Oracle, une pour les sources et les lacs, une pour la Grande Mer de sable.

### Faut-il un guide ?

Une agence ou un guide reconnu est fortement recommandé pour les oasis du désert Occidental, et les sorties dans la Grande Mer de sable demandent un permis que le guide obtient. En ville, on circule librement.

### Peut-on boire de l'alcool à Siwa ?

Pas en public. L'Adrère Amellal inclut les boissons, alcool compris, dans sa pension complète.

### Quand a lieu la fête de la Siyaha ?

À la pleine lune d'octobre, sur trois jours environ ; en 2027, autour du 15 octobre. Les jours exacts sont fixés localement.
